Le jeudi 23 juin 2005.
L’entrepôt de la terreur
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-  Bel arrêt Arnaud ! s’exclama Jacques.
-  Merci, tu sais je m’entraîne tous les jours pour le concours interclasse de fin d’année. Pas comme toi tu ne penses qu’aux voitures...
-  Tu veux voir ? reprit Jacques en frappant de toutes ces forces dans le ballon. Celui-ci partit presqu’à la verticale, passa au-dessus des grillages et atterrit dans un vieil entrepôt désaffecté situé juste derrière les buts d’Arnaud.
-  Beau shoot ! ricana Arnaud au visage criblé de taches de rousseurs et à la stature imposante. Du haut de ses 1 m 60, il dépassait bien son camarade de 20 cm.
-  Eh le blond ! Quand t’auras fini de rire, on pourra récupérer le ballon... intervint Jaques derrière ses grosses lunettes rondes. Ajoutées à sa chevelure noire charbon, un faux air d’intello régnait sur son visage.

Ils entrèrent, tour deux, par une petite fenêtre brisée. Placée quelques centimètres au-dessus de la chaussée, elle donnait accès à l’intérieur de l’entrepôt. Celui-ci était si sombre que l’on distinguait à peine le sol.
-  Quelle obscurité ! Ça me donne la chair de poule, frissonna Jacques.
-  Si l’on est ici, c’est de ta faute... avisa Arnaud.
-  Si au moins il faisait moins...
-  Au lieu de te lamenter, sort ta lampe de poche, coupa son compagnon en se retournant.

Il vit Jacques, ne le lâchant pas d’une semelle. Sous la faible lueur de la lampe, on pouvait maintenant distinguer un long hall. De grands barils d’huile, tous rouillés par les années, jonchaient le sol. Le plafond était parcouru par des dizaines de toiles d’araignées toutes plus grandes les unes que les autres. Le fond du hall laissait apercevoir, dans une obscurité encore quasi totale, la petite tache blanche du ballon de foot. A mesure qu’ils avançaient, un escalier descendant se dessinait dans la pénombre. Arrivés enfin à l’extrémité du hall, ils récupérèrent le ballon. Ils s’apprêtaient à repartir de cet endroit sinistre quand......
-  Paie ! Ou... tu sais ce qui t’attend... Cette voix était montée des profondeurs d’une manière si glaciale et menaçante que Jacques sentit un grand frisson le parcourir. Il tentait désespérément de calmer les battements de son coeur. Arnaud finit par le convaincre de descendre dans l’escalier. Il fallait à tous prix savoir les intentions de la VOIX...

Ayant posé le ballon, ils entamèrent la descente. L’escalier qui descendait en colimaçon, comportait de grandes marches de béton. Une odeur d’huile grandissante l’empestait. A chaque pas, l’angoisse s’installait un peu plus dans le corps de Jacques A leur grande surprise, ils débouchèrent dans un énorme parking. Il pouvait bien mesurer cent mètres de côté. Une trentaine de voiture de luxe y stationnaient.
-  Tu vois, on est pas descendu pour rien ! lança Arnaud.
-  Oui, acquiesça Jacques encore tout frissonnant. Le parking semblait presque irréel. Il ne ressemblait en rien au rez-de-chaussée. Les lignes blanches semblaient neuves. Le goudron d’un noir éclatant était en aucun endroit rongé. Plus étonnant encore, les néons du plafond brillaient d’une telle violence que la carrosserie des voitures étincelait. Jacques se dirigea par instinct vers les voitures. Soudain, il pâlit. Il vira du beige au blanc en passant par le violet. Ses cheveux se hérissaient sur sa tête. Les serrures étaient toutes brisées, sciées ou forcées ; c’étaient des voitures volées...
-  Aa... A ar... Arnaud ! Regarde !
-  Que t’arrive-t-il ? Oh mon Dieu ! s’écria Arnaud tournant la tête. Ils venaient de comprendre les intentions de la voix. Tout s’expliquait ; de la voix menaçante à l’état du parking, c’était le repère des bandits. Et, maintenant l’échange allait avoir lieu, l’argent contre les voitures de luxe.

Tout à coup, des bruits de pas se firent entendre. Ils se rapprochaient de plus en plus. Après un moment d’hésitation, nos deux amis se dissimulèrent derrière une grosse "BMW". Leur coeur résonnait comme un gong. Leur mains tremblaient. Le bruit des pas cessa. L’oreille tendue, ils écoutaient la conversation que deux hommes venait d’engager.
-  Je te vends le tout pour 5 millions de francs.
-  Tu rigoles ? Ça n’en vaut même pas quatre.

Jacques et Arnaud décidèrent de passer à l’action. Ils élaborèrent un plan de fortune.

Jacques se faufila, sans bruit, de voitures en voitures et parvint à quelques mètres des bandits. Ceux-ci ne l’ayant pas remarqué, il attendit le signal d’Arnaud. Il signifiait que son camarade avait trouvé de quoi assommer les deux hommes, et, qu’il pouvait ainsi les mener dans le guet-apens. Arnaud, de son côté, cherchait désespérément une arme. Il lui vint alors une idée. Il ouvrit délicatement la porte de la voiture et s’y faufila. Il dénicha rapidement la caisse à outils de secours et prit une clé anglaise. Il referma la porte de la BMW et se prépara à frapper. Il leva trois fois le poing ; c’était leur signe. Jacques se mit aussitôt à courir en direction d’Arnaud. Les bandits surpris, s’élancèrent alors à sa poursuite. N’entendant que les battements de son coeur, il ne se retourna pas et courut, courut. Soudain, un grand bruit de métal le surprit. Tournant la tête et s’arrêtant, il vit avec horreur que Arnaud avait échoué. Il avait frappé trop tôt et s’était effondré sur le sol, laissant tombé la clé. Un des bandits l’agrippa alors par les épaules. Étant grand et musclé, il n’avait aucune peine à le retenir.
-  Ligotons le et attachons le au poteau du parking ! intervint le plus petit au crâne rasé.
-  Ouaip, on s’occupera de l’autre plus tard... Il serrèrent si fort ses liens, qu’Arnaud pouvait à peine respirer. Les larmes lui coulèrent. Il se demandait pourquoi il avait entraîner Jacques dans ce pétrin. Celui-ci errait parmi les voitures, l’esprit vide, la tête pendante. Mains dans les poches, il était las. Du bouts des doigts, il sentit une forme familière. C’était son couteau suisse ! L’espoir renaissait. L’aventure pouvait recommencer...

La conversation des deux hommes avait repris. Il contourna lentement les brigands, une idée fixe dans la tête ; libérer Arnaud. Le temps lui semblait long, extrêmement long. Il ne restait, pourtant, plus que quelques mètres pour rejoindre Arnaud. Cependant, il fallait quitter l’abri que représentait l’amas des voitures et se mettre a découvert pour rejoindre le poteau.

Le marchandage avait repris de plus belle. Le ton des voix était monté. Jacques profita de l’inattention des deux malfrats pour se précipiter silencieusement vers son ami. Il coupa facilement ses liens grâce à son couteau et défit le foulard qu’on lui avait placé sur la bouche.
-  Vite, prends un bout de corde, chuchota Jacques.
-  Pourquoi ? demanda tout bas Arnaud en s’executant.
-  Nous allons ligoté les bandits, répondit Jacques tout simplement.
-  Pa... Paa... Pardon ?
-  Contente-toi d’en agripper un et fais le tomber, fit Jacques D’un ton grave. Chacun avança vers un bandit, Jacques avec son couteau et Arnaud avec sa corde. Arrivés à un mètre de ceux-ci, ils s’arrêtèrent. Jaques fit signe de la main qu’il était prêt. Arnaud agrippa alors chaque bout de sa corde dans une main. D’un geste vif, il la passa rapidement autour du cou du petit homme chauve. Il la tira et le brigand s’affessa. Son complice voulut l’aider, mais Jaques prévoyant sa réaction piqua son cou à l’aide de son couteau.
-  Ne bougez pas, ou je vous coupe en rondelles, lança-t-il, fier de lui. A présent, ligote les Arnaud !
-  Avec plaisir ! ironisa ce dernier. Avec l’aide de Jaques, il les attacha solidement un à un au poteau.
-  Maintenant, vous allez nous faire l’honneur d’attendre bien sagement pendant que nous allons alerter la police !D’accord ? se vengea Arnaud.

FIN



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